On finit par s’y habituer, jusqu’au jour où l’on n’en peut plus. Le scooter qui réveille à 6h, les conversations sous la fenêtre, les camions qui font vibrer la façade, la musique qui traverse la rue comme si elle était dans votre salon. Le bruit ne fait pas que vous déranger, il vous fatigue, il coupe votre sommeil, il vous empêche de vous concentrer et transforme votre intérieur en un lieu de tension permanente. Et dans beaucoup de logements, le point faible, ce n’est pas le mur, c’est la fenêtre ! Le problème, c’est qu’en acoustique, les idées reçues ont la vie dure. Ajouter une vitre de plus ne garantit pas forcément une vraie amélioration, et une fenêtre pourtant récente peut laisser passer énormément de bruit si l’étanchéité n’est pas parfaite ou si le bruit contourne le vitrage par un coffre de volet ou une entrée d’air mal adaptée.
Dans cet article, Mille et une Fenêtres va remettre de l’ordre dans le sujet, avec des repères concrets et des solutions vraiment efficaces selon votre situation.
Identifier d’où vient le bruit
Les nuisances sonores qui agacent au quotidien ne sont pas toutes du même type. Un scooter qui accélère, une circulation dense, des sirènes, des conversations sous la fenêtre ou un train qui passe n’ont ni la même fréquence, ni la même façon de se propager. La première étape consiste donc à cartographier la gêne, en identifiant les moments où le bruit devient insupportable, sa signature, plutôt aiguë comme des voix, ou plutôt grave comme le trafic urbain, et surtout son chemin d’entrée. Car le son se faufile par les points faibles. Le vitrage, bien sûr, mais aussi les jonctions entre ouvrant et dormant, les liaisons avec la maçonnerie, les entrées d’air de ventilation et les coffres de volets. Un seul défaut d’étanchéité peut suffire à donner l’impression que rien ne marche, même si le reste est correct.
Le niveau sonore se mesure en db, les décibels, sur une échelle allant de 0dB, le seuil de l’audition, à 130dB, le seuil de la douleur. Dans un logement, on cherche généralement à rester entre 30 et 40dB pour retrouver une ambiance calme et reposante. À l’inverse, au-delà de 80dB, l’exposition peut devenir dangereuse pour la santé sur la durée. Pour évaluer la capacité d’un ensemble à atténuer les bruits extérieurs, on s’appuie sur l’indice Rw. Plus il est élevé, plus l’affaiblissement acoustique est important. On rencontre aussi Rw+C, plutôt lié aux bruits moyens/hauts, comme le trafic rapide au-delà de 70km/h et Rw+Ctr, plutôt associé aux bruits graves, comme la circulation urbaine lente, les poids lourds en dessous de 70km/h, la musique, et les trains au départ.
Voici un calcule simple pour connaître l’impact d’une fenêtre sur le bruit : bruit intérieur approximatif = bruit extérieur – Rw. Donc, avec un bruit extérieur de 70dB et 30dB d’affaiblissement donnent environ 40dB à l’intérieur.
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Le vitrage, première ligne de défense contre le bruit
Le bruit ce n’est pas seulement une question de sons, ce sont des vibrations qui se transmettent, se répercutent et trouvent la moindre faiblesse pour entrer. C’est pour cela que le vitrage reste la première barrière à traiter quand on vise une réduction nette des nuisances. L’idée n’est pas de poser du verre toujours plus épais, mais de casser les phénomènes de résonance et d’amortir les vibrations aux bonnes fréquences.
La solution la plus efficace, dans de nombreux cas, consiste à travailler sur l’asymétrie. Un double vitrage asymétrique associe deux vitres d’épaisseurs différentes, par exemple 8mm côté extérieur et 4mm côté intérieur. Cette différence limite la mise en vibration en miroir des deux faces, et améliore l’affaiblissement acoustique. Dans les situations urbaines bruyantes, on cherche souvent des performances à partir de 35dB, et lorsque la nuisance devient très forte, l’objectif monte fréquemment à 40dB et plus.
Autre approche, le vitrage feuilleté acoustique. Il combine deux, ou plus, feuilles de verre reliées par un film intercalaire PVB acoustique, conçu pour absorber une partie des vibrations. À composition équivalente, ce type de vitrage peut apporter jusqu’à environ 5dB de mieux qu’un double vitrage classique, ce qui représente un gain très perceptible. Petit plus, si le verre se fissure, il reste maintenu par le film, ce qui limite la projection de débris.
On se pose souvent la question du double ou triple vitrage quand il s’agit de choisir ses fenêtres. Il faut savoir que le triple vitrage n’apporte pas d’amélioration notable en acoustique par rapport à un bon double vitrage pensé pour le bruit, même s’il peut avoir un intérêt thermique selon les cas. Pour rendre ces performances plus simple à comprendre pour les usagers, les fenêtres sont souvent classées par niveaux :
- 25 à 29dB pour un environnement plutôt calme
- 30 à 34dB pour un bruit modéré
- 35 à 39dB pour un urbain bruyant
- 40 à 44dB pour un trafic intense
- 45 à 49dB près d’une voie ferrée ou d’un aéroport
50dB et plus pour une exposition extrême
Attention aux menuiseries qui ne sont pas étanches !
Un vitrage acoustique peut afficher de très bons chiffres, mais si le cadre a du jeu, si l’air circule ou si un jour se forme quelque part, le bruit trouve toujours son chemin. L’acoustique est impitoyable sur ce point, une petite fuite devient une vraie porte d’entrée pour les nuisances. C’est là que le châssis, la quincaillerie et les joints prennent toute leur importance, parce qu’ils déterminent la rigidité de l’ensemble, la qualité de la fermeture et la continuité de l’étanchéité.
Le matériau du profilé compte aussi, mais c’est surtout la manière dont il est conçu qui a son importance. Le PVC s’appuie sur des profils à chambre, de l’air piégé dans la structure, qui limite la transmission des vibrations et offre des performances globales très équilibrées. Le bois, lui, bénéficie naturellement d’une bonne densité, ce qui en fait un excellent isolant acoustique quand la fabrication et l’assemblage sont soignés. L’aluminium peut aussi être performant, à condition d’être pensé pour le confort. L’efficacité dépend alors de la conception du châssis, de ses ruptures, de ses renforts et de la précision d’assemblage, car ce sont eux qui évitent que les vibrations ne se propagent ou que des micro-jeux n’apparaissent avec le temps. Le signe le plus parlant d’un point faible, ce sont les courants d’air, un sifflement, ou cette impression que le bruit passe même quand tout est fermé. Un test très simple permet de vérifier l’étanchéité, glissez une feuille de papier entre l’ouvrant et le dormant, fermez, puis tirez. Si la feuille vient facilement, la fermeture n’est pas assez étanche. Dans ce cas, remplacer les joints ou les remettre en état améliore à la fois l’acoustique et le thermique, car l’air et le bruit empruntent les mêmes chemins.
Attention, les coffres de volets roulants, notamment dans des bâtiments plus anciens, peuvent laisser entrer l’air et les sons. Ils demandent parfois un renfort et une meilleure étanchéité. Les entrées d’air de ventilation doivent être adaptées, idéalement en version acoustique, pour renouveler l’air sans créer un trou sonore. Et surtout, la liaison entre la menuiserie et la maçonnerie doit être continue.
Quelle solution selon votre niveau de nuisance sonore ?
La meilleure approche c’est simplement d’ajuster les travaux au niveau réel de nuisance, sans brûler les étapes. Si le bruit est faible à modéré, l’objectif est souvent de gagner quelques décibels rapidement en supprimant les chemins d’entrée les plus courants. On commence par remettre à niveau ce qui vieillit, remplacement des joints, réglage des ouvrants pour retrouver une fermeture franche, puis reprise de l’étanchéité périphérique avec un calfeutrement adapté. Dans la même logique, les entrées d’air de ventilation doivent être vérifiées.
Quand la nuisance devient modérée à forte, il faut franchir un cap et agir sur la composition du vitrage, avec des solutions pensées pour l’acoustique comme le double vitrage asymétrique ou le vitrage feuilleté doté d’un film PVB acoustique. Comme vu plus haut, c’est aussi à ce stade qu’il faut traiter un point souvent sous-estimé, les coffres de volets roulants, qui peuvent laisser entrer l’air et les sons et qui nécessitent alors une amélioration de l’étanchéité, un renforcement, voire un changement complet. Jetez un coup d’œil à notre guide pour choisir vos volets.
Si la gêne est forte et persistante, ou si le bâtiment cumule plusieurs points faibles, une solution de rénovation peut consister à ajouter un survitrage ou une seconde fenêtre, pour créer une barrière supplémentaire sans remplacer immédiatement toute la menuiserie. Dans ces cas, un diagnostic plus poussé devient utile pour repérer des transmissions latérales ou des fuites invisibles. En complément des rideaux épais ou phoniques améliorent le confort sans remplacer une solution de base.
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